29 juin 2008
Le souffre-couleur ...

Il a craché sur le
noir, la douleur,
il a crevé l'écran de ses nuits,
il a perdu l'encre de sa vie,
il a voulu devenir le souffre-couleur...
Deux heures du matin à peine,
l’obscur n’a pas dit son dernier mot,
ses yeux n’étaient qu’une couverture au halo,
le voyage se fait au cœur de ses veines…
Donner un nom à sa peur pour tenir,
les pages se mêlent de tout vraiment,
au détour de chaque rêve, un crissement,
ça en revient au bord des lèvres à se vomir…
Difficile de ne pas suer l’enfance,
elle est là une fois les masques tombés,
triste tapis pour nos songes envolés,
partout traîne la poussière de l’absence...
Davantage de chance aux égarés,
cocher des cases pour oublier le vide,
le désespoir n’a pas pris une seule ride,
il s’est glissé une pierre dans son soulier…
Il a sorti le grand jeu à la dame de cœur,
il a volé quelques occasions d’ennui,
il a eu le revers et la mélancolie,
il a voulu devenir le souffre-couleur…

Crédits photos : Matushka / Saulius
Texte : Modimo
23 février 2008
Je ne suis qu'une ligne ...

Je ne suis qu’une ligne
aux reins brisés d’avoir courbé l’échine,
tant de batailles à livrer dans cette vitrine,
le paraitre et l’indigne…
Je ne suis qu’une ligne,
à effacer, le temps s’attaque même au bitume,
certains soirs, je suis prêt à m’égarer dans la brume,
peut être y trouver, un signe…
Je ne suis qu’une ligne
déferrée, cheval libre de battre la campagne,
partant à l’assaut de ces moulins d’Espagne
quand ma folie trépigne…
Je ne suis qu’une ligne
filet de salive entre ma bouche et ta contrée,
suave au point de n’être plus qu’une trainée,
m’en remettre à ton insigne…
Je ne suis qu’une ligne
décroisée, un ancien x redevenu singulier,
le mystère trace son chemin sans sourciller,
la vie m’égratigne…
Je ne suis qu’une ligne
à sniffer, de la poudre de manque en sachet,
le temps de rien, juste essayer de me protéger,
mettre mon cœur à la consigne…

Crédits photos : Adrian / Stanislaw Gliwiczek
Texte : Modimo
16 février 2008
Un matin sans toi...

Je ne me suis pas vu sans tes mots,
pour un peu je m’effaçais déjà,
je ne me suis pas vu sans écho,
le silence s’installait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas lu au verso,
c’est ton ombre qui m’avalait déjà,
je ne me suis pas lu, c’est idiot,
la lumière revenait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas su au galop
pourtant tout s’emballait déjà,
je ne me suis pas su en cadeau
le hasard s’en vantait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas bu les sanglots,
le vent s’occupait de ça déjà,
je ne me suis pas bu, c’était trop,
et puis le décor valsait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas eu au lasso,
je me montrais bien malhabile déjà,
je ne me suis pas eu, c’est ballot,
la vie m’échappait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas mu en bateau,
le cœur aux lèvres venait déjà,
je ne savais plus quoi faire du chaos,
l’horizon se couvrait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas vu sans tes mots,
pour un peu je m’effaçais déjà,
je ne me suis pas vu sans écho,
le silence s’installait déjà…

Crédits photos et texte : Modimo
04 février 2008
Petite soeur...

Petite sœur …
J’aurai été ta première mauvaise fréquentation,
un peu voleur, prenant les coups pour deux,
tu aurais eu peut être les yeux bleus
et sur mon dos, tu m’aurais menti en parlant d’horizon.
Petite sœur…
Je t’aurai aimé vénéneuse et même poison,
partageant le même if au fond du jardin,
j’y aurai accroché ta balançoire de mes mains,
et de la pointe du canif tracé de nouvelles saisons.
Petite sœur …
Je t’aurai dit que rien n’est offert au démon,
même les âmes singulières se perdent en chemin,
j’aurai alors pour une bouchée de pain
distrait quelques oiseaux pour mimer l’abandon.
Petite sœur …
J’aurai fait taire la rumeur le temps d’une chanson,
souriant du fond de mon cœur au bord de tes yeux,
tu aurais pris ma main, le temps d’un vœu,
faire continuer à vivre l’autre, de son crayon…

Crédits photos : Barbara Truee / Modimo
Texte : Modimo
15 décembre 2007
Je suis libre ...

Je suis libre, libre de ramasser vos poubelles,
de voir ce que sont devenues vos envies,
les matins sont partout les même, artificiels,
de loin, je repère la trace de vos mélancolies…
Je suis libre, libre d’être en bas de l’échelle
de traîner de ce coté-ci de la vie,
les gens ne me voient plus, je suis sorti du manuel,
un héros raté, évadé de sa série…
Je suis libre, libre de me tenir debout sous le ciel,
d’ouvrir mes bras aux vents amis,
de me laisser porter par quelques idées nouvelles,
le ventre vide, à amuser la galerie…
Je suis libre, libre de me vendre dans ces ruelles,
d’être ce corps qui s’offre à vos fantaisies,
la nuit est longue et vos mots bien cruels,
mes yeux sont si sombres, mon âme est un cri…
Je suis libre, libre d’être amoureux d’elle,
de la voir me fausser compagnie,
penser à sa peau glissant sous la bretelle,
se rhabiller et me laisser ici…

Crédits photos : Oyt / Marcinek
Texte : Modimo
27 novembre 2007
Un goéland habite au sommet de ma tête...

Un goéland habite au sommet de ma tête
et ma demeure est à tous vents…
Un enfant trop tranquille s’est assis là,
il a rangé ses billes et ses flèches dans le carquois,
son sac d’étoiles est presque vide,
ses mots sont si lents qu’ils s’oxydent…
Un éléphant, même mille ont pris le goût du silence,
l’ivoire se dissimule sous de belles évidences,
un peu gris, un peu noirs, amis des vertiges illusoires,
ils balancent sur leurs jambes de géants, sans crier gare…
Un clown blanc, sans doute une fille se tient là,
sa bouche est si blanche qu’un baiser n’y survivrait pas,
elle rentre les seins en marchant vers son destin,
l’important n’est pas la rose mais le sable dans sa main…
Un pélican, pécheur d’anguilles étonne les passants,
pour quelques vérités, il avale même l’ombre de nos
serpents,
un sourire un peu jaune, il reste insatiable,
les yeux rivés sur les restes de nos fables…
Un goéland habite au sommet de ma tête
et ma demeure est à tous vents…

Crédits photos : Lilbubble / Modimo
Texte : Modimo
Un grand merci à Lilbubble pour l'inspiration et le prêt de sa photo...
http://www.flickr.com/photos/lilbubble
24 juillet 2007
Je t'ai aimé...

Je t'ai aimé comme c'était pas permis,
à bouffer de l'absence comme si c'était un fruit,
je m'y prenais si mal à trainer sous cette pluie,
le ciel comptait sur moi, sans cérémonie.
Je t'ai aimé comme ça existait autrefois
à tenter l'impossible, le rêve à bout de bras,
je songeais à ce jardin où je retrouverai tes pas,
mais l'histoire ne disait pas si tu serais là.
Je t'ai aimé à dépasser l'envers de me nuits
comme un évadé au jour, j'étais ébloui,
je pensais que je ne serais jamais repris,
je déposais les armes pour quelques mots fleuris.
Je t'ai aimé comme si c'était la dernière fois
quand sur l'écran défilent des noms, en bas,
ton prénom crevait l'écran mais sans cinéma,
je me rappelais ton parfum, c'était plus fort que moi.

Crédits photos : Andréa / Modimo
Texte : Modimo
22 juin 2007
Banc, banc, banc...

Banc, banc, banc,
faire feu de ce temps,
jouer les immobiles, même en passant,
banc, banc, banc,
c'est l'amour à bout portant.
Banc, banc, banc,
le superflu et l'important,
laisser venir à nous les temps troublants,
banc, banc, banc,
être à bout d'arguments.
Banc, banc, banc,
la trace de nos vies en pigments
vivre chaque minute comme un accident,
banc, banc, banc,
s'attendre pour un temps.
Banc, banc, banc,
l'âme change de camp,
notre silence couvre tout ce boucan,
banc, banc, banc,
tenter un dernier ralliement.
Banc, banc, banc,
s'en tenir au levant,
de ce jeu étrange donnant donnant,
banc, banc, banc,
un baiser au plus offrant.
Banc, banc, banc,
faire feu de ce temps,
jouer les immobiles, même en passant,
banc, banc, banc,
c'est l'amour à bout portant.

Crédits photos et texte : Modimo
Clin d'oeil à Claude Nougaro et à une amie... je pense à L...
16 juin 2007
A voir...

A voir si le jeu en vaux l'étincelle,
le chant des barbares s'est tu,
dans cette chapelle inconnue,
se perdre à s'avoir, comme un excès de zèle...
A voir si le sort aura la vie dure,
quelques poupées traînent dans ma mémoire,
leur manière de danser dans le noir
me rappelle ces anciennes piqûres…
A voir si ce murmure vivra d'eau douce,
si cette peau se laissera bercer par l'écho,
cette onde particulière le long de mes mots,
fermer les yeux pour retrouver la source...
A voir si cette envie saura prendre son temps,
si l'éternel ne vient jamais en retard,
toucher le cœur des belles, les émouvoir,
la sciure étalée dans la salle du bal, c'est attachant...
A voir si ce jour nous apprendra la distance,
le poids des serments partagés,
je m'arrête un instant comme figé,
encore une fois, je me donne une minute de silence...
Crédits photos / texte : Modimo
23 mai 2007
Le grain de l'éternité pour seul habit...

Le grain de l’éternité pour seul habit,
la nuit s’offre des clartés par ici,
tel un rendez-vous pour les malappris,
un cri étouffé pour dépasser l’ennui.
Le corps du délit s'expose en vain,
la lueur n'est jamais apprise pour rien,
voici l'heure des traîtrises, du dédain,
l'homme n'est jamais bien loin.
Les miroirs se dressent en chemin,
la belle entreprise se passe du malin,
quelques tiroirs apeurés font le plein,
l'histoire ne dit pas ce qu'elle retient.
A peine froissé, juste être le prochain,
tirer cette couverture au bout, ce matin,
les yeux s'habituent à manquer de butin,
le pli est pris de remords dans cet écrin.
Au seuil toucher la pierre sans effets,
l'ombre amie qui vous caresse avant de filer,
ce souffle si léger pour dernier passager,
juste le nécessaire souvenir d'un baiser...
Un baiser...

Crédits photos / Texte : Modimo




