05 septembre 2009
Je me rends flou ...

Je me rends flou,
à force passer par dessus bord
la tête et puis le corps,
tout bascule doux...
Je suis bien flou,
regardez comme je bouge encore,
les bras, les yeux sans efforts,
l’ébauche du remou...
Je m’en floue,
de toutes ces manières,
même celles où je joue le fier,
et passe pour un fou ...
Je m’en floue,
de ces jeux sans dessert,
de mon goût pour l’enfer,
et ses rouges bijoux...
Je suis bien flou,
sur les contours, les abords,
pas la moindre trace de remords,
même en dessous...
Je me rends flou,
ceux qui ne m’aiment pas, m’adorent,
ce n’est pas que je sois si fort,
bien moins que vous ...

Texte et mots : Modimo
27 décembre 2008
Qu'on en finisse ...

Qu’on en finisse,
les robes longues et le strass,
mes yeux plus jamais ne brillent,
c’est pour toi que je me déshabille,
je vais aller faire ma dernière passe...
Qu’on en finisse,
le bois flotté sur la grêve,
je n’ai même plus d’orgueil,
je ne ramasserai pas ce deuil,
l’écume se passera de ma fièvre...
Qu’on en finisse,
que l’impact porte ses fruits,
il faut vider son sac et finir à pied,
encore un pas de plus, pour un baiser,
l’amour c’est le bouquet et son panier garni...
Qu’on en finisse,
l’orange sanguine du couchant laisse une trace
je ne sais même plus comment je m’épêle,
je suis cassant, fragile, je prends mon tour, je me fêle,
si tu te t’approches encore, je me casse...
Qu’on en finisse,
l’abîme est à saisir, c’est la saison,
le corps en kit, je me délite, je me démonte,
l’abominable hommes des neiges attend la fonte
je ne meuble plus ton salon...
Qu’on en finisse,
les accroches ne font plus le joli coeur,
le temps suspend mon vol,
je me balance et remonte mon col,
les minutes s’éparpillent en choeur...
Qu’on en finisse,
qu’on ferme les antennes,
mon amante est religieuse et après,
que je reste un insecte muet,
Il est temps de quitter la scène...

Crédits photos : Carol Cardiov / Zygios
Texte : Modimo
02 août 2008
Impair et passe...

Le Che m’embarrasse avec son béret
je n’aurai jamais son audace, jamais,
la vie est bien dégueulasse, je ne m’y suis pas fait,
à quoi bon que je t’enlace, je suis un homme dépassé…
Le type dans la glace n’en fini pas de glisser,
je regarde ses traces, je ne serai jamais en paix,
à la gare Montparnasse, je me suis trompé de quai,
à qui trop embrasse jamais ne s’en défait…
Le chagrin est vivace même en pleine été,
le parfum de la disgrâce se fait pourtant discret
j’habite une paroisse où on a cessé de prier,
mais la foi s’en fout que je rêvasse à l’ombre du péché…
A la porte du palace le tapis rouge est bien gardé
mon cœur se fracasse aux porte du palais,
je suis à la ramasse, je marche à pas feutrés
le silence me remplace aussi sûrement qu’un allié…
Le livre et sa foutue préface que tu ne liras jamais,
mes pas déjà s’effacent, le miroir n’a plus de reflet,
je boirai la tasse, la mer vient jusqu’à mes pieds,
ce soir à la passe, je passerai sous l’écume pour briller…

Crédits photos : Bo / Modimo
Texte : Modimo
19 juillet 2008
Qu'importe ...

Qu’importe que tu me prennes dans le désordre,
que tu me commences par la faim,
ce film improbable ne verra jamais le jour
les images ne vont pas toujours aux enfants sages…
Qu’importe que tu m’oublies avant de m’aimer,
que ma peau ne soit pas au rendez-vous
les histoires sont écrites pour nous déranger,
j’ai ai tant écrites que je n’ai pas su chanté…
Qu’importe que tu te passes du goût de mes baisers,
que je sois mort sur un ancien chant de bataille,
si les entailles ne se voient plus vraiment,
sous l’onde, le noyé ne fait plus surface…
Qu’importe que tu me laisses au seuil de la porte,
que je ne vois plus bien après ton départ,
si je penche au dehors de ce train,
le vent sème toujours de nouvelles graines…
Qu’importe que tu m’emportes dans tes voyages en Espagne
que tu y brûles tes châteaux ,
si je me m’écoutais je fermerai les yeux,
les cahiers se perdent dans ces forteresses de sable…
Qu’importe que tu me trouves bien fade avec ma blanche page,
que tu ne crois pas en mes mots de funambule,
si la corde est si prés du sol, j’ai quand même peur,
le vide ne se mesure pas pourtant je tend les bras…
Qu’importe que tu veuilles l’or et le feu de mes rêves,
que le temps soit gris, si j’ai de tes nouvelles,
si mon âme est cousue de fil blanc,
les nuits sont là et mon sommeil infidèle…
Qu’importe que tu me prennes dans le désordre,
que tu me laisses bien avant le début de la fin,
si je savais tenir ma parole, je ne serai pas muet,
le cri que j’étouffe ne passera mes lèvres…

Crédits photos : David / Hajnalka
Texte : Modimo
13 juillet 2008
Parfois ...

Parfois je me destitue
je me dégomme de ce trône illusoire,
toujours un peu plus con que l’histoire,
et la langue bien pendue…
Parfois je disperse
je me fais cendre légère dans le vent,
ton souffle me porte, comme c’est grisant,
en attendant l’averse…
Parfois je me dénigre
je me montre plus blanc que je ne suis,
le néon du couloir me fait juste plus gris,
c’est ma peur qui émigre…
Parfois, parfois, je ne m’appartiens même plus…
Parfois je me désagrége
je me voudrai particule élémentaire
le temps d’un murmure, presque me taire,
pas sur que ça me protège…
Parfois je me délimite
je me sors du champs pour aller boire,
un verre à la main, je tranche pour savoir,
en fait je crois que je m’évite…
Parfois je me dissimule,
je me couvre de ridicule pour ne plus me voir,
pas l’ombre d’une chance de m’émouvoir,
juste l’idée du crépuscule…

Crédits photos : Igor Gutaric /Modimo
Texte : Modimo
01 mai 2008
Rouler des mécaniques...

Rouler des mécaniques…
Faire son barda, mettre les bouts,
fuir toutes ces machines à fric,
aller de l’autre coté de l’Amérique,
pour une fois, se tenir debout…
Fuir les écarts de conduite et la boue,
fondre ses mots dans de la brique,
foutre le feu et guetter la panique,
si le ciel se comporte parfois en voyou…
Feindre d’être un prince andalou,
faire la pluie et remplir des barriques,
insister pour ne pas oublier l’Afrique,
si le sort peut se noyer dans les remous…
Filer à l’Anglaise mais sans bijoux,
forcer quelques coffres en loustic,
fabriquer des rêves sans lexique
pour une heure déserrer les écrous…
Fausser compagnie au moindre des tabous,
flotter entre deux eaux sans logique,
prendre ces transports impudiques,
le souffle coupé de faire la roue…
Rouler des mécaniques…

Crédits photos : Bakaro / Modimo
Texte : Modimo
02 avril 2008
Déteste-moi...

Déteste moi, déteste moi…
Jette moi de l’intérieur,
ma fenêtre est ouverte,
passe tout en profit et perte,
tu me connais par cœur…
Déteste moi, déteste moi…
L’amour c’est la plaie,
je me passerai des onguents,
j’en suis sur à cent pour cent,
j’ai du sang de navet…
Déteste moi, déteste moi…
Ma bouche ne garde pas les secrets,
peu m’importe que je me sabote,
la barque était pleine, je n’avais pas de bottes,
c’est donc à ma langue que t’en voulais…
Déteste moi, déteste moi…
L’amour me met mal à l’aise,
la rivière a quitté son lit,
nous manquons à nos intempéries,
je me rhabille pendant que tu me baises…
Déteste moi, déteste moi…
L’acier fait toujours la loi,
j’ai l’âme en plastique,
ce toc t’attriste, c’est pourtant si pratique,
je peux comprendre ça…
Déteste moi, déteste moi…
De l’étage où tu me tiens,
ce putain de vertige me tuera,
c’est comment la vie d’en bas,
jusqu’ici tout va bien, tout va bien…

Crédits photos et Texte : Modimo
25 mars 2008
J'écris...

J’écris sur une nappe en papier à l’hôtel du commerce,
quelques mots sans avenir,
ce qu’il me reste à tenir,
le verbe hésitant me tient lieu de promesse…
J’écris naufragé volontaire, un message de détresse,
une bouteille ne saurait suffire,
il m’en faudrait plus pour voir venir,
dans ce jour sans fin, je cherche l’ivresse…
J’écris en souvenir de la rue des Abbesses,
la mélancolie me fait parfois mentir,
je sais pourtant pourquoi le passé aime s’enhardir,
mes poches sont pleines de mes faiblesses…
J’écris ma flemme de vivre, ma paresse,
quand le dégoût se faire sentir,
je sens mes lèvres qui se laissent bleuir,
déjà un peu ailleurs, envahi de tristesse…
J’écris à cette femme dont je ne connais pas l’adresse,
pour tenter avec elle un dernier soupir,
venir à bout de mon silence et gémir,
ma peau se prête déjà pour la caresse…
J’écris pourtant je n’aurai jamais la sagesse,
ni l’idée de vendre mon sourire,
dans cette nuit, je viens m’éblouir,
j’écris, j’écris même au dos de ce ticket de caisse…

Crédits photos et texte : Modimo
31 janvier 2008
Gravitude ...

J’aimerai bien prendre un peu d’altitude,
me moquer de mes travers, mes infortunes,
quand je ne manque pas d’air malgré mes lacunes,
je peux dire que j’ai souffert d’inquiétudes…
Abandonner cette gravitude,
ce mot inventé sur des certitudes…
J’aimerai que sèche l’encre de mes habitudes,
fermer la demeure jusqu’à la déchirure,
faire feu de tout cœur et crier à l’imposture,
la lame libre de briller sous la lune…
Abandonner cette gravitude,
ce mot inventé sur des certitudes…
J’aimerai savoir calculer la latitude,
ne plus me perdre parmi l’ordure,
les mers d’eau douce, mes usures,
les mensonges qui promettent le sud…
Abandonner cette gravitude,
Ce mot inventé sur des certitudes…
J’aimerai me faire une autre idée de la solitude,
sauver ce qu’il reste de la bête à brume,
lui souffler tous ces rêves brisants d’amertume,
prendre juste le nécessaire et aimer à la rude…

Crédits photos et texte : Modimo
23 janvier 2008
A tes amours...

Je lève mon verre,
je ne sais plus combien j’ai de doigts,
par quel divin mystère,
ma belle, j’en suis arrivé là…
A tes amours…
Nous sommes tous un peu frères,
enfin c’est ce que je crois,
de toutes les manières
morts dans ce combat…
A tes amours…
Je touche l’imaginaire
du bout de mes yeux sans éclats,
sous mes airs de faussaire,
je glisse ma peine sous les gravats…
A tes amours…
Ce soir, je me livre à l’amer,
j’abandonne mon corps déjà froid,
il n’y a plus rien à faire,
plus rien ne me touche ici bas..
A tes amours…
Je lève mon verre,
la saison n’est plus au lilas
mes mots n’ont pas passé l’hiver,
je ne me reconnais même pas…

Crédits photos et Texte : Modimo




