17 mai 2008
Ainsi ...

Ainsi vont les chandelles aux jeux,
tant que je vois la flamme dans tes yeux,
ta brûlure est la mienne, je suis interdit
nos enfers portent les même habits…
Ainsi sur ce fil avec notre peur bleue,
funambules illusoires au-dessus d’eux,
regarde comme nos vertiges sont beaux d’ici,
sur nos hauteurs, vois comme je te souris…
Ainsi soit t’il, insistons un peu,
Revenons-y, si tu veux…
Incise cette douleur, fais de ton mieux,
bientôt je n’y verrai que des bleus,
glisse sous moi les mots que tu n’as jamais dits,
épines et caresses, je n’en serai pas guéri…
Insipides et songes laiteux,
les anges ne font pas long feu
assis sur le bûcher de l’ennui,
viens et replie tes ailes par ici…
Incisives et crocs venimeux,
berce-moi d’illusions si tu veux,
à mon cou, à mon bras, tu t’inscris,
si je souffre un peu, tu ralentis…
Ainsi soit t’il, insistons un peu,
revenons-y, si tu veux…
Ainsi va le monde, je n’y vois que du feu,
approche et penche-toi encore un peu,
je ne rendrai pas mon corps à l’ennemi,
les douves garderont le secret de nos agonies…
Ainsi sous le charme, je tremble, c’est heureux,
incidemment la nuit, je crois à nous deux,
mon amour, je ne suis plus qu’un cri,
éteins la lumière quand tu auras fini…

Crédits photos : Pawel / Francois-Michel
Texte : Modimo
13 mai 2008
Fais-moi l'article...

Fais-moi l’article, l’obscur sujet de tes désirs,
je te ressemble dans ce portrait tout craché,
tu me serres dans cette phrase, je suis troublé,
J’aime quand je ne sais où tu veux en venir…
Fais-moi l’article, le chaland aux belles demoiselles,
l’amour à l’étal pour un peu je m’oublierai,
le mensonge est ta vérité bien habillée,
et nu, je ne suis qu’un chagrin sans carousselle…
Fais-moi l’article, redis-moi mon nom,
dans un souffle, un murmure étouffé,
nous nous garderons dans un champs de secrets,
à l’abri, à l’abri de nos illusions…
Fais-moi l’article, mets-moi à l’affiche,
en quatre par trois que j’ai l’air plus grand,
promis, sur ma vie, je ne ferai plus l’enfant,
ou bien alors celui qui ne sait pas comment on triche…
Fais-moi l’article, déballe-moi tes arguments,
cette bretelle qui n’en finit pas de glisser,
j’ai la gorge un peu sèche tout s’est inversé,
une armée de frissons me rend impatient…
Fais-moi l’article, sors-moi de ma réserve,
sans plumes, nous jouerons au indiens,
nous chercherons toutes les pistes de la main,
si tu y mets du tien, je ne manquerai pas de verve…
Fais-moi l’article,
donne-moi de tes nouvelles,
à chaque coin de page, touche-moi dans la marge,
feuille roulée sous tes lèvres, emmène-moi au large,
dans ce voyage nous n’oublierons pas le sel…
Fais-moi l’article, je serai du dernier cri,
homme obsolète à la mode de chez toi,
rossignol à ta fenêtre ne sifflant que pour toi,
ma cage et la tienne et nos baisers au ralentis…

Crédits photos : Rebecca / Daniel Mazette
Texte : Modimo
29 mars 2008
Ma manquante ...

Ma manquante, celle qui fait que je me dénombre,
la roulette qui tourne sans fin a un accent russe,
comme si notre histoire n’était déjà plus qu’un lapsus,
de case en case, je
tourne dans ce manège sombre..
Ma manquante, mon imper et mes passes au jardin,
le printemps s’annonce un peu plus chaque jour,
je n’ai rien oublié, ni ce parfum d’amour,
les fleurs du
désespoir poussent aussi sur le chagrin…
Ma manquante, cet
arbre à came qui joue l’illusoire,
de branche en branche j’apprivoise ma solitude,
je me suspends et abandonne mes dernières certitudes,
comme si l’heure était venue pour le grand écart…
Ma manquante, ma moitié disparue dans le miroir,
je n’ai rien perdu pour autant c’est étrange,
pas un de mes dix doigts, pas une phalange,
mais je n’écris plus tellement le soir…
Ma manquante, la vie s’absente au parloir,
je reviens à la grille des lettres à la main,
je sais qu’elle viendra sans doute demain,
le temps joue une étrange mélodie dans le noir…
Ma manquante, mon cœur, ma vie en rouge et noir,
comme une chanson de plus donnée à l’absente,
quelques notes jouées sur le dos de l’innocente,
nos noces funèbres pour amants en retard….

Crédits photos : André / Modimo
Texte : Modimo
15 janvier 2008
Notre infinitif du présent...

A bout d’arguments, tu me dis que tu me kiffes,
j’aimerai tant te croire,
et me trouver si beau dans ton miroir,
mon reflet me laisse souvent sans adjectif…
Notre infinitif du présent…Donner…
La belle histoire où je me trouve plus mort que vif,
tu me laisses si bien
entrevoir
ton penchant pour mon être sans avoir,
que je me prends à tes gestes, en captif…
Notre infinitif du présent … Lover…
Le premier des deux qui sera le moins inoffensif
voudra la peau de l’autre et savoir
qui sera le plus rapide à s’émouvoir,
si le jeu en vaudra cette chandelle et les griffes…
Notre infinitif du présent …Toucher…
Au coin de nos lèvres trainent quelques mots subversifs,
des cris à naitre sortis de nos écarts
les corps racontent si bien les égards,
j’en tremble de les voir si persuasifs…
Notre infinitif du présent… Aimer…

Crédits photos : Sooyeol / Markus
Texte : Modimo
10 janvier 2008
Juste ciel...

Juste ciel, tirons un trait sur l'essentiel,
des livres, une image de toi, naufragée volontaire,
je fais des signes sur ce toit, ce belvédère,
l'empreinte de ce jour semble éternelle...
Ecoute ce vent comme un appel,
ton oeil, ma lune aux mystères
se tient à portée de notre amour accidentel,
nos corps se livrent aux incendiaires...
Le jour se montre parfois si cruel,
le temps file comme un gangster,
il emmène avec lui nos découverts,
les nuages sont si gris mais c'est le rituel...
Passe encore au dessus, donne moi des nouvelles,
des arbres en haut comme sur la terre,
ces branchus qui ne rêvent que faire de l'ombre pour elle,
en toutes saisons, ils y penchent, même en hiver...
Juste ciel, couvre moi de baisers, de séquelles,
petit peuple des hauteurs chevauchant mes prières
souffle moi quelques mots volés à ma chère,
que je lui murmure dans mes nuits sans ailes...

Crédits photos et Texte : Modimo
Brushes : Anna L.
02 janvier 2008
Notre amour...

Notre amour à la découpe, se lit à travers nos ébats,
drôles de zèbres, nous jouons entre blanc et noir,
le coeur à l'horizon se couche sur nos draps,
nos nuits sont africaines et le sommeil est rare.
Notre amour à la petite semaine, à bout de bras,
comme des arbres qui tentent un départ,
le coeur un peu rayé qui revient sur ses pas,
nos yeux sont magiciens et s'inventent des histoires.
Notre amour en sursis qui échappe à tous les droits,
nos travers, jolis crimes, pour nous les anciens bagnards,
à claire-voie, nous nous retrouvons et faisons la loi,
dehors il nous reste bien plus que l'espoir.
Notre amour en détail donne souvent de la voix,
entre deux, nous repassons nos oublis au hachoir,
au fil de nous, nous nous voyons dans tous les états,
jamais indemnes mais c'est l'enfance de l'art...
Crédits photos : René Laure / Elias
Texte : Modimo
09 décembre 2007
En visite...

Il pleut sur les toits d’une ville étrangère,
j’ai sur mes lèvres le sel de ta peau,
nous avons mis dans nos yeux, le soleil en morceaux,
je t’ai même vu rougir dans la lumière…
En visite, nous jouons avec les points de fuite…
Il file ce temps, déjà nous regrettons presque hier,
j’ai pris tout ce que je pouvais comme cadeau,
nous avons su pour l’instant nous passer de mots,
j’ai même tenu quelques promesses, ces fraises en hiver…
En visite, nous jouons avec les points de fuite…
Il souffle un vent qui nous ramène sur terre,
j’ai laissé quelques traces et volé une photo,
nous avons sauvé l’essentiel crescendo,
j’ai voulu que tu me vois à découvert…
En visite, nous jouons avec les points de fuite…
Il pleut sur les toits d’une ville étrangère,
j’ai tremblé en sortant, un peu plus qu’il ne faut,
nous avons donné à ce moment, le tempo,
je referme les yeux sur ton visage et garde ta lumière…

Crédits photos : Roland / Modimo
Texte : Modimo
01 décembre 2007
Notre rencontre...

Qui l’eut crû ?
Que nous serions ainsi
assis au bord du lit,
à nous apprendre…
D’un bout à l’autre, notre rencontre …
Qui l’eut crû ?
que nous serions surpris
à ce point, si hardis,
à nous étendre…
D’un bout à l’autre, notre rencontre…
Qui l’eut crû ?
Que nous serions si polis
avec nos sens interdits,
à nous attendre…
D’un bout à l’autre, notre rencontre…
Qui l’eut crû ?
Que nous voudrions la pluie
avec l’envie d’être à l’abri,
à nous entendre…
D’un bout à l’autre, notre rencontre…
Qui l’eut crû ?
Que nous voudrions mesurer l’envie
avec nos corps qui s’écrient
à nous reprendre…
D’un bout à l’autre, notre rencontre…
Qui l’eut crû ?
Que nous voudrions être maudits
à la lumière de nos bougies
à nous surprendre…

Crédits photos : Rina / Modimo
Texte : Modimo
17 novembre 2007
Ici même...

Si je fais fausse route,
tu n’oublieras de me reprendre,
je ne mets ma parole en doute,
mais j’ai tant et tendre à te surprendre.
Ici même...
Si je me solde un peu trop vite,
tu sauras me dire que je te suis cher
qu’importe le bruit de l’étiquette, ma faillite,
je suis ce fil, en voilà une belle affaire…
Ici même...
Si je me force à m’ouvrir le verrou,
tu prendras ce temps pour me dérober
même si je porte pas de jupon, de frou-frou,
savoir par quel bout tu peux m’attraper…
Ici même...
Si je me vante de connaitre le malin,
tu me montreras comment une langue peut bruler,
et que l’enfer pour toi, ce n’est pas rien,
dans ton regard, j’ai commencé de me consumer.
Ici même...
Si je m’enlève pour être ton otage,
tu compteras les jours le long de mon dos,
ma rançon sera pour ta gloire, hors de la cage,
dans ce souffle qui nous rejoindra dans le chaos…

Crédits photos : Stosempre / Modimo
Texte : Modimo
06 octobre 2007
Ces petits nuages...

Je ne sais pas où vont me mener
ces petits nuages,
pour l’instant ils semblent me guider
en coin de page…
J’ai vu ce ciel d’orage m’atteindre,
des oiseaux de passage,
me toucher ou le feindre,
mon cœur à l’ouvrage.
J’ai lu ces signes à t’attendre
l’éclair dans les parages,
l’horizon à apprendre,
une trace de ton sillage.
J’ai cru aller jusqu’à t’étreindre
toucher du doigt ce mirage,
mes yeux n’ont pas su peindre
ce jour, ni trouver le langage.
J’ai pu parfois te surprendre
même te donner du courage,
le vent venait alors si tendre
te frôler comme un message.
Je ne sais où vont mener
ces petits nuages,
pour l’instant ils semblent me guider
en coin de page…

Crédits photos : Jacqui / Waldemar
Texte : Modimo




