20 septembre 2009
Tu pares à tout ...

Tu pares à tout, de toutes parts,
ça dore à tout va dans cette pièce,
tu joues à tout, même au hasard,
la mort qui va et vient sans rien qui cesse...
Tu pars à tout, de tous les départs,
ça se gare n’importe où les caresses,
tu piques un fard, en joue des histoires,
à chaque train qui passe, tu te blesses...
Tu pars de rien jusqu’à moi,
racontes moi jusqu’au bout de tes doigts ...
Tu pares atout coeur, me prend à part ,
faire le mur pour l’amour du son , yes,
tu lèves le camp, tu me veux hussard,
la lueur dans tes yeux me dit que ça presse...
Tu pars atout, la chance est une brève de comptoir,
faire le bien, c’est s’attacher à une promesse,
tu sens ce vent qui balaie la rumeur de la fanfare,
à présent, tu vois toutes mes faiblesses...

Crédits photos : Bulent / NC
Texte : Modimo
13 juin 2009
J'aime être en ton pays ...

Je me suis fais porté pâle
pour mieux garder ton lit,
à caresser les fleurs du mal,
j’aime tant être en ton pays...
Je ne me suis pas vu si oisif
me voilà déplumé dans ton nid,
prêt à me rendre captif,
drôle d’oiseau à l’envers de ta vie...
Je ne suis pas né de la dernière pluie,
je prends l’eau d’envie, pourtant,
au coin de tes lèvres, c’est inoui,
ce goût d’y venir haletant...
Je ne sors pas de la lignée,
plutôt sur le chemin du vice,
sur ta peau jusqu’à l’orée,
m’éloigner du précipice...
Je me suis fait porté pâle
pour mieux garder ton lit,
à caresser les fleurs du mal,
j’aime tant être en ton pays ...

Crédits photos : John Goyer / Modimo
Texte : Modimo
01 mai 2009
Mon amour ...

Mon amour en pince pour un petit prince,
elle lui conte chaque soir une nouvelle histoire,
pourtant c’est elle qui a peur du noir,
je rêve qu’elle me coince mais mes chances sont minces...
Mon amour en croque pour les épices,
elle porte à sa bouche les fruits du péché,
ses mots ruissellent sur son corps sucré salé,
je rêve qu’elle me cuisine au pays de ses délices...
Mon amour en prend pour mon grade,
elle fait son insolente, à la langue bien pendue,
il parait même qu’elle me ballade à moitié nue,
je rêve qu’elle me sauve de la noyade...
Mon amour en vient parfois aux mains,
elle me montre l’étendue de mon innocence,
elle m’esquisse le temps d’un pas de danse,
je rêve qu’elle m’apprend à être argentin...
Mon amour en sait plus que je ne l’avoue,
elle me dit combien j’ai de grains de folie,
elle me connaît par coeur même mes anomalies,
je rêve qu’elle s’attache à mon cou...
Crédits photos : Heidi Nabucket / Akkorn
Texte : Modimo
26 mars 2009
Du haut ...

Du haut de mes immondices
ton parfum me semble si doux,
il a même l’odeur du précipice,
ça n’a rien d’officiel mais je suis fou ...
Le soleil se couche, je me lève,
mon ton est bien plus rebelle depuis toi,
c’est à l’heure des épaves que me vient la fièvre,
je me fous des orties comme de mon premier ébat...
Les murmures que je t’envoie viennent à la nuit,
pendant que d’autres dorment, je meurs de toi,
je fais de mon agonie, un incendie,
écoute comme je suis déjà feu aux abois...
Du moment que j’use un peu de salive
tout ce que je pourrai te dire pourra te retenir contre moi,
je ne sais que trop de quoi je me prive,
mes souvenirs me parlent déjà de toi...
Du haut de mes immondices,
ton amour a de l’allure, c’est insensé,
je me plais à être ton caprice,
tant que tu me sèmes à me récolter...
Crédits photos : Gmark / Modimo
Texte : Modimo
07 mars 2009
Tu m'as donné envie de me perdre ...

Tu m’as donné envie de me perdre,
de foutre le feu au camp,
de faire corps avec le couchant,
mon corps a ta buée, je brûle,
tes envies viennent, me bousculent...
Tu m’as donné envie de me perdre,
de me prendre pour ton amant,
de vouloir être un fervant,
ivre de toi, je titube,
plus bleu que le danube...
Tu m’as donné envie de me perdre,
d’en avoir plein la bouche en te regardant,
les yeux pas assez grands, sans scrupules,
je passe mes mains sous ton pull...
Tu m’as donné envie de me perdre,
de ne savoir où donner de mon sang,
de tenter les délits les plus flagrants,
émerger à peine de l’étuve,
à mes lèvres, le fil de tes éfluves...
Tu m’as donné envie de me perdre,
d’avancer à découvert, en indécent,
de me montrer ainsi, chemin faisant,
venir en ton tropique, des Bermudes,
me fondre en regagnant ton sud ...
Crédits photos : Loic / Marko
Texte Modimo
15 février 2009
Ce champs de coquelicots ...

Ce champs de coquelicots,
comme autant de baisers tombés en campagne,
je te murmure ces quelques mots,
juste avant que tu ne t’éloignes...
Je ne me retrouve plus dans ce paysage,
tout m’est inconnu, de retour au troupeau,
il ne me reste que le souvenir de ton dos,
la pluie a emmené jusqu’aux traces de ton visage...
Quelques notes de piano,
une histoire de touches qui me revient dans le noir,
une mélodie qui se la raconte ce soir,
la salle est vide, je me remets à flots...
Je me traîne dans le blanc de la page,
le coeur encore au galop,
en assassin, j’étouffe un sanglot,
je me lève embrumé, qu’il était beau ce mirage.
Je fus mordu mais je n’ai pas la rage,
à la pointe du jour, je m’essaie au diablo,
jusqu’à la nuit, je ne prendrai pas de repos,
pour une fois, je ne manquerai pas de courage.
Ce champs de coquelicots,
comme autant de baisers tombés en campagne,
je n’ai pas l’étoffe du taureau
pourtant tout ce rouge me venait de l’Espagne...

Crédits photos : Igor / Fred
Texte : Modimo
22 novembre 2008
Viens mon amour ...

Viens mon amour, j’en ai marre des âmes ripolinées,
l’ambre et le cuivre se volent sur bien des chantiers,
nos pas nous mènent à l’ombre des grands cyprès,
j’aime quand tu te dérobes que tu m’aimes à la volée…
Viens voir le jour, ils dorment encore les beaux fiancés,
l’herbe est haute et le brouillard va se lever,
le sort nous ressemble à s’y tromper,
j’aime le bruit de la rue qui s’échappe du pavé...
Viens prendre mon tour, la relève de l’homme blessé,
le cœur sorti pour un échange qui n’est pas arrivé,
la mort se moque bien de ces jeux à s’abîmer,
j’aime ne plus savoir qui viendra pour m’emporter…
Viens mon amour, nous crèverons ces bulles du passé,
la chaleur des corps viendra nous retrouver,
un peu plus loin le temple d’encore n’en a jamais assez,
j’aime passer par dessus bord et voir l’effet que ça fait…

Crédits photos : Lasse / Martin
Texte : Modimo
18 octobre 2008
Aux amours limitrophes ...

Aux amours limitrophes,
A nos à peu prés, nos anicroches,
nos pleurs, nos avants, nos après,
aux mains glissées au fond des poches,
le poids d’un cœur et le reste de la monnaie…
A nos tentatives , toutes les encoches,
les mots couchés en travers du papier,
aux sœurs qui ne seront jamais proches,
le parfum, l’odeur de ces actes manqués…
A nos erreurs, nos corps de fantoches,
la sueur qui parle de nos excès,
le sort fait à tous nos reproches,
la lumière qui s’éteint dans cet après…
A nos mouvements, nos approches,
le bruit des corps dans un soir d’été,
aux peaux frottées à même la roche,
l’envie à vif et les cicatrices du passé…
A nos venues, nos allées, nos accroches,
à ce temps perdu, celui retrouvé,
au cœur de nos églises où rien ne cloche,
le bruit du cœur battant sur le pavé…
Aux amours limitrophes..

Crédits photos : Mehmet / Stjepan
Texte : Modimo
17 mai 2008
Ainsi ...

Ainsi vont les chandelles aux jeux,
tant que je vois la flamme dans tes yeux,
ta brûlure est la mienne, je suis interdit
nos enfers portent les même habits…
Ainsi sur ce fil avec notre peur bleue,
funambules illusoires au-dessus d’eux,
regarde comme nos vertiges sont beaux d’ici,
sur nos hauteurs, vois comme je te souris…
Ainsi soit t’il, insistons un peu,
Revenons-y, si tu veux…
Incise cette douleur, fais de ton mieux,
bientôt je n’y verrai que des bleus,
glisse sous moi les mots que tu n’as jamais dits,
épines et caresses, je n’en serai pas guéri…
Insipides et songes laiteux,
les anges ne font pas long feu
assis sur le bûcher de l’ennui,
viens et replie tes ailes par ici…
Incisives et crocs venimeux,
berce-moi d’illusions si tu veux,
à mon cou, à mon bras, tu t’inscris,
si je souffre un peu, tu ralentis…
Ainsi soit t’il, insistons un peu,
revenons-y, si tu veux…
Ainsi va le monde, je n’y vois que du feu,
approche et penche-toi encore un peu,
je ne rendrai pas mon corps à l’ennemi,
les douves garderont le secret de nos agonies…
Ainsi sous le charme, je tremble, c’est heureux,
incidemment la nuit, je crois à nous deux,
mon amour, je ne suis plus qu’un cri,
éteins la lumière quand tu auras fini…

Crédits photos : Pawel / Francois-Michel
Texte : Modimo
13 mai 2008
Fais-moi l'article...

Fais-moi l’article, l’obscur sujet de tes désirs,
je te ressemble dans ce portrait tout craché,
tu me serres dans cette phrase, je suis troublé,
J’aime quand je ne sais où tu veux en venir…
Fais-moi l’article, le chaland aux belles demoiselles,
l’amour à l’étal pour un peu je m’oublierai,
le mensonge est ta vérité bien habillée,
et nu, je ne suis qu’un chagrin sans carousselle…
Fais-moi l’article, redis-moi mon nom,
dans un souffle, un murmure étouffé,
nous nous garderons dans un champs de secrets,
à l’abri, à l’abri de nos illusions…
Fais-moi l’article, mets-moi à l’affiche,
en quatre par trois que j’ai l’air plus grand,
promis, sur ma vie, je ne ferai plus l’enfant,
ou bien alors celui qui ne sait pas comment on triche…
Fais-moi l’article, déballe-moi tes arguments,
cette bretelle qui n’en finit pas de glisser,
j’ai la gorge un peu sèche tout s’est inversé,
une armée de frissons me rend impatient…
Fais-moi l’article, sors-moi de ma réserve,
sans plumes, nous jouerons au indiens,
nous chercherons toutes les pistes de la main,
si tu y mets du tien, je ne manquerai pas de verve…
Fais-moi l’article,
donne-moi de tes nouvelles,
à chaque coin de page, touche-moi dans la marge,
feuille roulée sous tes lèvres, emmène-moi au large,
dans ce voyage nous n’oublierons pas le sel…
Fais-moi l’article, je serai du dernier cri,
homme obsolète à la mode de chez toi,
rossignol à ta fenêtre ne sifflant que pour toi,
ma cage et la tienne et nos baisers au ralentis…

Crédits photos : Rebecca / Daniel Mazette
Texte : Modimo




