24 mai 2008
Tout cela doit rester entre nous...

Tout cela doit rester entre nous,
cette façon de mal nous tenir
et puis comment nous vient le désir,
notre affaire de transferts et ses dessous…
Vois où l’indécence va se nicher,
elle ne se contente plus de notre lit,
sous-couvert, elle se mêle d’inédit,
notre orange est bien plus qu’un fruit…
Au creux de nous, la même vague,
le goût pour le sel et les voyages,
toutes les manières de s’aimer comme des barges,
nous nous attachons comme les algues…
Vois comme le souffre nous rend animal,
un peu bêtes et pris dans les phares,
mélangeant nos sueurs et nos regards,
nos sommes si prés de l’immoral…
Tout cela doit rester entre nous,
la saveur et l’envie qui nous bouleverse,
le château maudit et le bruit de la herse,
nos souffles dans la course jusqu’au bout…

Crédits photos : Agris / Mandorallen
Texte : Modimo
08 mai 2008
A cru...

A cru mon amante a gémi,
nous faisions l’amour à la croque au sel,
je n’y tenais plus, au bord de l’étincelle,
nos corps qui déraillaient dans la nuit…
A cru la cavale était bien belle
le souffle court et la rosée aux flancs,
dans cette course au plus offrant,
nous jouions aux chevaux infidèles…
A cru, rivière sauvage et cheveux emmêlés,
eau de feu et corps à la dérive,
emmenés par nos approches furtives,
nous glissions dans ce lit sans après…
A cru mon ingénieuse s’ingénie,
les lèvres rougies par le mouvement,
elle perpétue la courbe de nos errements
et la somme de nos adresses en un pli…
A cru, elle a gravi
la montagne aux ombelles
celle où je gis comme un soldat mort,
tant de batailles où je n’étais pas le plus fort,
sous ses draps qui me faisaient comme un ciel…
A cru mon échappée qui s’accroche,
de ses mains à mon ombre qui vacille,
je trône entre ses doigts, roi de pacotille,
dans mon sommeil, elle revient me faire les poches…

Crédits photos : Rubaek Palle / Abhijiit
Texte : Modimo
19 avril 2008
L'étroit nous va si bien...

L’étroit nous va si bien,
si proches à se toucher,
nous nous laissons cerner,
le désir à portée de main…
J’essaie de rester concentré,
de ne pas lâcher ma faim,
de resserrer encore les liens,
je crois que tu m’as repéré…
J’abandonne l’idée de liberté,
dans ce rêve du commun,
bord à bord, je te rejoins,
je trouve juste la place de me frayer…
Je trouve si bien de s’y frotter,
en éprouvant nos besoins,
ensemble dans cet écrin,
je ne trouve rien de déplacé…
Je pense que je suis fou à lier,
trempés dans le même bain,
mêlant nos encres au matin,
je n’en finis pas de t’approcher…
L’envie de me mettre au parfum,
d’être dans ce cercle d’initié,
s’en tenir au plus prés,
l’étroit nous va si bien…

Crédits photos : Duki Zdenek / Modimo
Texte : Modimo
12 avril 2008
Du bout des lèvres...

Du bout des lèvres s’égarer en chemin,
effleurer les limites, s’y glisser,
un moment de plus sans se presser,
se laisser distraire pour ton bien…
Du bout des lèvres tenter une autre approche
quand tu ne veux plus entendre parler de moi,
vagabonder tout prés de chez toi,
sous ta fenêtre, avec des mots plein les poches…
Du bout de lèvres suivre son instinct,
se trouver dans cet instant comme un animal,
l’eau à la bouche emporté par son élan,
aller jusqu’au bout de sa faim…
Du bout des lèvres gravir l’échelle des cris,
partir d’un souffle qui vient à point nommé,
quitte à s’évanouir si tu viens à jouer,
le désir nous laissera tous éblouis…
Du bout des lèvres murmurer des serments,
les voyages nous ramènent toujours au lit,
le cœur battant sans attendre la nuit,
l’impatience déshabille les amants…
Du bout des lèvres brûler d’envie,
ramener à la lumière tous les délices,
oublier ma peur et passer à la malice
quand soudain ma langue s’enhardit…

Crédits photos : Simon Simmer / Modimo
Texte : Modimo
16 mars 2008
De nous deux...

De nous deux, qui aura les mots crus,
les mots fauves qui s’échappent de la cage,
à l’heure où ils vont boire, oublient les usages,
de nous deux qui sera le plus mordu…
De nous deux qui mettra le feu aux étages,
l’escalier de secours est foutu,
le penchant prendra le dessus,
de nous deux qui sera le moins sage…
De nous deux qui aura les baisers les plus salés…
De nous deux qui se mouillera sous l’orage,
l’eau a souvent bien des vertus,
quand nos corps se mêlent d’ambigu,
de nous deux qui guettera les nuages…
De nous deux qui sera pris au dépourvu,
la peur ne se lit pas toujours sur les visages,
l’heure est venue de montrer son courage,
de nous deux qui viendra le plus nu…

Crédits photos : Abhijit / Modimo
Texte : Modimo
01 mars 2008
Nos ombres...

Quand nos ombres chinoisent,
à se tortiller dans la fin du jour,
nos bouches n’arrivent pas en bout de phrase,
quand elles apprennent à faire l’amour…
Quand nos ombres s’échinent
à vouloir sortir de l’ombre,
nos corps prennent le mal à la racine,
quand je choisis d’être le sombre….
Quand nos ombres viennent à s’épauler,
dans ce bal incertain des amants,
nos peaux oublient de se nommer,
quand nous devenons imprudents…
Quand nos ombres s’évertuent
à s’unir à la nuit qui vient,
nos yeux incrédules s’exténuent
quand nous nous lâchons la main…
Quand nos ombres s’éternisent
à ne plus croire en l’heure d’hiver,
nos habits n’en font qu’à leur guise,
quand nous voulons être nus dans la lumière…

Crédits photos : Attila Canata / Modimo
Texte : Modimo
09 février 2008
Jouons à genoux, à je, nous...

Finalement, sois prête à tout,
à t’enduire d’extrême,
pousser à bout le théorème,
et coiffer sur le poteau tous les tabous…
Jouons à genoux, à je, nous…
Simplement, que je vois à ton cou
la trace de ma bouche marquée
que l’eau vienne à la nacrée
à se serrer comme ça, tout à coup…
Jouons à genoux, à je, nous…
Fatalement, j’aurai envie de dessous,
de me troubler la vue de la rosée
sentir le plaisir à ma portée,
quand le moment vient et se dénoue…
Jouons à genoux, à je, nous…
Surement que nous finirons fous
à vouloir mettre nos corps en bataille
nos ordres dispersés vaille que vaille
laisseront quelques cicatrices mais où…

Crédits photos : Kaspars / Tron Andersen
Texte : Modimo
28 décembre 2007
9 éme ciel ...

C’est une histoire tirée par les cheveux,
de corps partis à la dérive,
d’un moment où on s’accroche à ce qu’on peut,
je prends ce temps d’user ma salive…
9éme ciel…
C’est une colline qu’on s’essouffle à gravir,
une course folle, un jeu d’esquives,
une chasse ouverte à l’instant nommé désir,
tous les caresses sont admises, même furtives…
9éme ciel…
C’est un hôtel aux milles et une chambres sous les étoiles,
une quête offerte à ton âme lascive,
un parfum sur ta peau d’où vient le scandale,
ma bouche et ma langue subversive…
9éme ciel…
C’est cette chaleur même au cœur de l’hiver
qui se glisse sous les draps, douce missive,
deux dos qui se hérissent dans la lumière,
toujours affamés, le plat revenant aux convives…
9éme ciel…
C’est l’au delà sur terre, la terre promise,
qui s’y frotte s’immisce et puis s’active,
une danse improvisée, inutile que je précise
que là bas qui m’aime m’y suive…

Crédits photos : Francois / Adrian
Texte : Modimo
11 novembre 2007
Vous...

Vous me dites à peu prés tout de vous,
même le superflu dont je fais parti,
vu d’ici mon corps, vous est assorti,
ce trouble qui m’envahit, c’est bien vous…
Vous…
Vous semblez ignorer jusqu’au moindre des tabous,
ce gout si sur pour tous les défis,
vis à vis de vous, je suis sans habits,
les échos de votre peau me reviennent de partout…
Vous…
Vous faites fi de tous mes garde fous,
vertige de mots ou simplement évanoui,
ce souffle à reprendre au bord du lit,
pour qu’on tombe ensemble, sans dessous…
Vous…
Vous compter les jours de lune sur mon cou,
calendrier en grains, ma peau où tout est permis,
d’aller et venir au gré de votre alchimie,
sorcière jolie, fée de toutes saisons, loup garou…
Vous…
Vous aimez me voir ainsi au garde à vous,
un peu fier, un peu sombre, jouant à l’ennemi,
dans ce combat, cet assaut de jour ou de nuit,
soldat doux , déserteur, mais toujours prêt à tout…
Vous…
Vous voulez de moi ici et à peu près n’importe où,
mes lèvres sont pour vous comme un crime inédit,
une promesse absente et pourtant un délit,
mais allez j’avoue, je me fous de tout…à part vous…
Vous...

Crédits photos : Andi Clayman / Robert Lubanski
Texte : Modimo
28 octobre 2007
Sans les mains...

La question est de savoir
qui de l’être ou de du tenir,
quoi faire de ses écarts,
et jusqu’où je vais en venir…
Sans les mains…
L’enjeu est souvent de taille,
ce dialogue convenu me semble dépassé,
le doux est tombé dans la faille,
pour quelques mots de plus, bien léchés…
Sans les mains…
Les sens ont pourtant de la vertu,
celle de te rendre polie,
sous mes petits assauts, plus que nue,
ils te laissent à ma merci…
Sans les mains…
Pas d’attaches, le corps s’apprend
en bien plus de dix leçons,
mais j’y trouve de l’agrément,
tu sens venir, cet abandon…
Sans les mains…
Inlassablement, j’y reviens,
cueillir la passion de mes lèvres,
j’emprunte tous tes chemins,
je me guide à ta fièvre…

Crédits photos : Adam Bolt / Adrian
Texte : Modimo




