12 septembre 2009
Pêle-mêle ...

Pêle-mêle, tu viens, qu’on se mélange,
il me vient comme un dessein étrange,
le corps par dessus à la saison nouvelle,
des gestes lents jusqu’à se couvrir d’étincelles...
Pêle-mêle, tu sors de cette nuit, en nage,
baigneuse infidèle, entre deux eaux sauvages,
remonter la pente, goutte à goutte, saliver,
sous le loup, des nuées sous le ciel à enjamber…
Pêle-mêle, tu me courbes au creux de tes songes,
s’adonner au divin et mesurer son allonge,
c’est sans fin de passer au rouge, sans label,
petit animal égaré, amateur de dentelles...
Pêle-mêle, tu démêles l’écheveau de tes ailes d’ange,
border le ciel de baisers et se bruler à l’orange,
je sens ton souffle venir à bout de ce brasier,
il ne reste plus qu’à trembler, je suis touché ...

Crédits photos : Osman / Bulent
Texte : Modimo
21 février 2009
De fil en aiguille ...

De fil en aiguille, je m’en vais faire des entrechats,
suivre le jeu de la couture indocile,
tenter un nouveau crime sans mobile,
inconscient du vertige de me retrouver près de toi...
Au train où vont les choses, je déraille,
je crois même que dans l’instant, je m’égare,
pas de marin à l’horizon pourtant je pique un phare,
je me sens perdu dans cette revue de détails...
Un dernier appel, écoute, cela va de soi,
tout est ténu, si fragile,
funambule au dessus du péril,
tout en haut de tes bas...
Quelle idée de se retrouver sur la paille,
des coups à se sentir fébriles,
perdu sur le chemin de l’exil,
éblouis par l’envie qui nous tenaille...
De fil en aiguille, c’est le paradis que j’entrevois,
moi qui ne suis pas si habile,
je me retrouve à portée de cils,
un peu désuni mais dans quel état...

Crédits photos : Karl / Elias
Texte : Modimo
06 décembre 2008
A nos étreintes ...

C’était dans la voiture,
le cuir sentait la luxure.
C’était le long des portes,
habillés mais qu’importe…
C’était dans l’ascenseur,
nous avions même joué au professeur.
C’était sur le parquet,
je crois bien que tu avais adoré…
C’était dans la lumière,
comme une traversée à découvert.
C ‘était dans le silence
plus rien n’avait d’importance…
C’était un soir d’hiver,
nous prolongions l’éphémère.
C’était au fond du couloir
à mesurer l’envie de nos écarts…
A nos étreintes...
C’était même à l’envers,
pour tâter encore de l’enfer.
C’était voyager au bout de l’innocence,
et se moquer de nos évidences…
C’était se rouler dans la poussière,
et faire monter les enchères.
C’était le présent des imparfaits,
la grille ouverte aux échappés…
C’était au bord de la piscine,
sous le regard de la voisine,
C’était un matin dans la clairière,
plus tu m’aimes et plus je te serre…
C’était comme voler un fruit,
les lèvres avides de nos cris.
C’était de l’indécence à portée de main
le ventre plein et avoir encore faim…

Crédits photos : Daniel Mazette / Mary
Texte : Modimo
10 novembre 2008
Rappel ...

Dans un instant, juste là,
je vais reprendre de plus belle,
réouvrir un coin de ce ciel,
le temps de revenir à toi…
Rappel …
Je respire à peine, presque plus
je sais que tu ne m’en voudras pas,
si je marque une pause sous les draps,
je viendrai reprendre le dessus…
Rappel…
Je suis dans tous mes états,
à deux doigts de m’évanouir,
mais je n’en ai pas fini d'en finir,
tout me rapproche de toi …
Rappel …
Je me rassemble pour mieux te disperser,
dans un mouvement, même deux,
retrouver la grâce de mettre le feu,
souffler sur les braises du bout des yeux…
Rappel…
Dans un moment, délicat
je vais retenter ton indécence,
retrouver un peu de mon insolence,
le temps de revenir à toi …
Rappel…

Crédits photos : Steven / Reiduly
Texte : Modimo
01 novembre 2008
Se jeter à l'eau ...

Aussi connu que le loup blanc,
le moment est bienvenu
de se jeter à l’eau,
de se jeter à l’eau…
En outre je ne parle pas en vain,
de a à o, raccourcir le trajet,
y voir comme un nouvel alphabet,
sur ovale, j’engage même ma main…
Il n’est jamais trop tôt ,
pour en venir aux mots.
Je n’oublie pas de citer en chemin,
toutes les offres à ne pas refuser,
les clés du coffre à portée de baiser,
les plis à prendre pour notre bien…
Mais encore se prendre au jeu,
l’esprit et sel qui se mélange,
aller au bout de notre étrange,
au plus fort de nous deux…
Il n’est jamais trop tôt
pour en venir aux mots…
Puis enfin s’ouvrir un peu plus
se montrer à la hauteur, s’il le faut,
pour les échanges sous le manteau
et les cris pour en connaître un peu plus…
Aussi connu que le loup blanc,
le moment est bienvenu
de se jeter à l’eau,
de se jeter à l’eau…

Crédits photos : Georg / Agrsi
Texte : Modimo
11 octobre 2008
Tant de manières...

Tant de manière de prendre le dessus,
de savoir y faire,
de jouer à qui sera le plus nu,
sans en avoir l’air…
Tant de manières de prendre le dessous
de saluer la lumière,
de s’offrir un peu n’importe où
en fermant les paupières…
Tant de manières d’en vouloir un peu plus,
de découvrir la terre,
de se laisser prendre au dépourvu
faire monter les enchères…
Tant de manières de trouver son chemin,
de sortir de cette volière,
de faire jouer l’ombre de ses mains,
décoller pour se plaire…
Tant de manières de s’ouvrir ,
de mettre le feu aux prières,
de ne plus savoir où on veut en venir,
le corps à la dérive dans cette affaire…
Tant de manières de savoir et d’oublier,
de vouloir renaître faussaire
de ne garder qu’une part de vérité
et manquer de vocabulaire…

Crédits photos :John Windswept / Rina
Texte : Modimo
03 octobre 2008
Faisons fissa ...

Faisons fissa, nos folies n’attendent que ça,
sous un porche ou sur le carrelage du salon
frôlons-nous comme des chats,
sans tarder, foutons le feu à ce futon…
Faisons--nous ça même à l’envers, tu vois,
ne parlons plus de ces contrefaçons,
nos effets partis, prolongeons le débat,
nos vrais défauts à la sueur de nos fronts…
Faisons fissa, les frissons tiennent les ficelles…
Faisons fissa, n’arrêtons pas là,
ne passons pas pour des aphones au fond,
sans s’attendre donnons de la voix,
de bas en haut, prêts pour une bonne action…
Faisons fissa, les frissons tiennent les ficelles…
Faisons du faste avant de faner sans aura,
la formule rapide, à s’emporter avec passion
quitte à se laisser déborder pour une fois,
fantômes un peu pressés dans de beaux draps…
Faisons fissa, fardons le temps d’éphémères ébats,
face à face, perdons nos facultés pour des frictions,
flattons nos instincts même ceux qui ne se disent pas,
ne manquons pas de finesse dans nos effusions…
Faisons fissa, les frissons n’attendent pas …

Crédits photos : Mehmet Tamer / Robert Davis
Texte : Modimo
15 août 2008
Des liens ...

Des liens, des faits,
mais reste un peu tranquille
des liens défaits,
y a le feu partout en ville…
S’il suffisait de s’attacher
pour être un moins lâche
franchement ça se saurait,
je trouverai les mots sans relâche…
Des liens, des fées,
cette lumière qui se maquille
des liens défaits
comme un souffle sur tes chevilles…
S’il suffisait de s’engager
pour avoir un peu moins peur
maintenant, je te volerai
et je te collerai dans mon cœur…
Des liens, des fées,
dans tes cheveux traîne une brindille,
et l’odeur de la forêt,
à l’heure où tu te déshabilles…
S’il suffisait de se serrer
pour rapprocher les heures
je prendrai le temps et ses effets,
j’abandonnerai toutes couleurs…
Des liens, d’effets,
nos habits et les résilles,
des liens défaits,
je ne joue plus vraiment aux billes…
S’il suffisait de s’amender,
peut être même payer cash,
faire le tour des poignées,
se laisser glisser avec panache…
Des liens, des faits,
agir avant que tout fourmille,
des liens défaits,
être vivant quand tout vacille…

Crédits photos : Hajnalka / Slawek
Texte : Modimo
24 mai 2008
Tout cela doit rester entre nous...

Tout cela doit rester entre nous,
cette façon de mal nous tenir
et puis comment nous vient le désir,
notre affaire de transferts et ses dessous…
Vois où l’indécence va se nicher,
elle ne se contente plus de notre lit,
sous-couvert, elle se mêle d’inédit,
notre orange est bien plus qu’un fruit…
Au creux de nous, la même vague,
le goût pour le sel et les voyages,
toutes les manières de s’aimer comme des barges,
nous nous attachons comme les algues…
Vois comme le souffre nous rend animal,
un peu bêtes et pris dans les phares,
mélangeant nos sueurs et nos regards,
nos sommes si prés de l’immoral…
Tout cela doit rester entre nous,
la saveur et l’envie qui nous bouleverse,
le château maudit et le bruit de la herse,
nos souffles dans la course jusqu’au bout…

Crédits photos : Agris / Mandorallen
Texte : Modimo
08 mai 2008
A cru...

A cru mon amante a gémi,
nous faisions l’amour à la croque au sel,
je n’y tenais plus, au bord de l’étincelle,
nos corps qui déraillaient dans la nuit…
A cru la cavale était bien belle
le souffle court et la rosée aux flancs,
dans cette course au plus offrant,
nous jouions aux chevaux infidèles…
A cru, rivière sauvage et cheveux emmêlés,
eau de feu et corps à la dérive,
emmenés par nos approches furtives,
nous glissions dans ce lit sans après…
A cru mon ingénieuse s’ingénie,
les lèvres rougies par le mouvement,
elle perpétue la courbe de nos errements
et la somme de nos adresses en un pli…
A cru, elle a gravi
la montagne aux ombelles
celle où je gis comme un soldat mort,
tant de batailles où je n’étais pas le plus fort,
sous ses draps qui me faisaient comme un ciel…
A cru mon échappée qui s’accroche,
de ses mains à mon ombre qui vacille,
je trône entre ses doigts, roi de pacotille,
dans mon sommeil, elle revient me faire les poches…

Crédits photos : Rubaek Palle / Abhijiit
Texte : Modimo




