21 février 2009
De fil en aiguille ...

De fil en aiguille, je m’en vais faire des entrechats,
suivre le jeu de la couture indocile,
tenter un nouveau crime sans mobile,
inconscient du vertige de me retrouver près de toi...
Au train où vont les choses, je déraille,
je crois même que dans l’instant, je m’égare,
pas de marin à l’horizon pourtant je pique un phare,
je me sens perdu dans cette revue de détails...
Un dernier appel, écoute, cela va de soi,
tout est ténu, si fragile,
funambule au dessus du péril,
tout en haut de tes bas...
Quelle idée de se retrouver sur la paille,
des coups à se sentir fébriles,
perdu sur le chemin de l’exil,
éblouis par l’envie qui nous tenaille...
De fil en aiguille, c’est le paradis que j’entrevois,
moi qui ne suis pas si habile,
je me retrouve à portée de cils,
un peu désuni mais dans quel état...

Crédits photos : Karl / Elias
Texte : Modimo
15 février 2009
Ce champs de coquelicots ...

Ce champs de coquelicots,
comme autant de baisers tombés en campagne,
je te murmure ces quelques mots,
juste avant que tu ne t’éloignes...
Je ne me retrouve plus dans ce paysage,
tout m’est inconnu, de retour au troupeau,
il ne me reste que le souvenir de ton dos,
la pluie a emmené jusqu’aux traces de ton visage...
Quelques notes de piano,
une histoire de touches qui me revient dans le noir,
une mélodie qui se la raconte ce soir,
la salle est vide, je me remets à flots...
Je me traîne dans le blanc de la page,
le coeur encore au galop,
en assassin, j’étouffe un sanglot,
je me lève embrumé, qu’il était beau ce mirage.
Je fus mordu mais je n’ai pas la rage,
à la pointe du jour, je m’essaie au diablo,
jusqu’à la nuit, je ne prendrai pas de repos,
pour une fois, je ne manquerai pas de courage.
Ce champs de coquelicots,
comme autant de baisers tombés en campagne,
je n’ai pas l’étoffe du taureau
pourtant tout ce rouge me venait de l’Espagne...

Crédits photos : Igor / Fred
Texte : Modimo
04 février 2009
J'ai tourné la page ...

J’ai tourné la page,
j’ai revu l’hiver
tout ce blanc qui me dévore,
comme un chien fou qui jamais ne se repose,
à mon flanc, quelques côtes ont sailli,
dessus, dessous, le battement est incertain...
Des colonnes de soldats habitués au silence
se mettent en ordre de marche,
ils viennent à toutes heures conquérir l’infortune,
pour quelques minutes, quelques secondes de vérité,
bataillon décimé à coups de ratures.
Ils s’enlisent dans des tranchées,
ils ignorent jusqu’à leurs noms,
ils ignorent jusqu’à l’idée du sacrifice,
ils s’en vont se faire croire à l’envie ...
J’ai tourné la page,
j’ai revu l’hiver
tout ce blanc qui me dévore,
comme un chien fou qui jamais ne se repose,
à mon flanc, quelques côtes ont sailli,
dessus, dessous, le battement est incertain...
Crédits photos et texte : Modimo




