23 février 2008
Je ne suis qu'une ligne ...

Je ne suis qu’une ligne
aux reins brisés d’avoir courbé l’échine,
tant de batailles à livrer dans cette vitrine,
le paraitre et l’indigne…
Je ne suis qu’une ligne,
à effacer, le temps s’attaque même au bitume,
certains soirs, je suis prêt à m’égarer dans la brume,
peut être y trouver, un signe…
Je ne suis qu’une ligne
déferrée, cheval libre de battre la campagne,
partant à l’assaut de ces moulins d’Espagne
quand ma folie trépigne…
Je ne suis qu’une ligne
filet de salive entre ma bouche et ta contrée,
suave au point de n’être plus qu’une trainée,
m’en remettre à ton insigne…
Je ne suis qu’une ligne
décroisée, un ancien x redevenu singulier,
le mystère trace son chemin sans sourciller,
la vie m’égratigne…
Je ne suis qu’une ligne
à sniffer, de la poudre de manque en sachet,
le temps de rien, juste essayer de me protéger,
mettre mon cœur à la consigne…

Crédits photos : Adrian / Stanislaw Gliwiczek
Texte : Modimo
16 février 2008
Un matin sans toi...

Je ne me suis pas vu sans tes mots,
pour un peu je m’effaçais déjà,
je ne me suis pas vu sans écho,
le silence s’installait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas lu au verso,
c’est ton ombre qui m’avalait déjà,
je ne me suis pas lu, c’est idiot,
la lumière revenait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas su au galop
pourtant tout s’emballait déjà,
je ne me suis pas su en cadeau
le hasard s’en vantait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas bu les sanglots,
le vent s’occupait de ça déjà,
je ne me suis pas bu, c’était trop,
et puis le décor valsait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas eu au lasso,
je me montrais bien malhabile déjà,
je ne me suis pas eu, c’est ballot,
la vie m’échappait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas mu en bateau,
le cœur aux lèvres venait déjà,
je ne savais plus quoi faire du chaos,
l’horizon se couvrait déjà…
Un matin sans toi...
Je ne me suis pas vu sans tes mots,
pour un peu je m’effaçais déjà,
je ne me suis pas vu sans écho,
le silence s’installait déjà…

Crédits photos et texte : Modimo
09 février 2008
Jouons à genoux, à je, nous...

Finalement, sois prête à tout,
à t’enduire d’extrême,
pousser à bout le théorème,
et coiffer sur le poteau tous les tabous…
Jouons à genoux, à je, nous…
Simplement, que je vois à ton cou
la trace de ma bouche marquée
que l’eau vienne à la nacrée
à se serrer comme ça, tout à coup…
Jouons à genoux, à je, nous…
Fatalement, j’aurai envie de dessous,
de me troubler la vue de la rosée
sentir le plaisir à ma portée,
quand le moment vient et se dénoue…
Jouons à genoux, à je, nous…
Surement que nous finirons fous
à vouloir mettre nos corps en bataille
nos ordres dispersés vaille que vaille
laisseront quelques cicatrices mais où…

Crédits photos : Kaspars / Tron Andersen
Texte : Modimo
04 février 2008
Petite soeur...

Petite sœur …
J’aurai été ta première mauvaise fréquentation,
un peu voleur, prenant les coups pour deux,
tu aurais eu peut être les yeux bleus
et sur mon dos, tu m’aurais menti en parlant d’horizon.
Petite sœur…
Je t’aurai aimé vénéneuse et même poison,
partageant le même if au fond du jardin,
j’y aurai accroché ta balançoire de mes mains,
et de la pointe du canif tracé de nouvelles saisons.
Petite sœur …
Je t’aurai dit que rien n’est offert au démon,
même les âmes singulières se perdent en chemin,
j’aurai alors pour une bouchée de pain
distrait quelques oiseaux pour mimer l’abandon.
Petite sœur …
J’aurai fait taire la rumeur le temps d’une chanson,
souriant du fond de mon cœur au bord de tes yeux,
tu aurais pris ma main, le temps d’un vœu,
faire continuer à vivre l’autre, de son crayon…

Crédits photos : Barbara Truee / Modimo
Texte : Modimo




