31 janvier 2008
Gravitude ...

J’aimerai bien prendre un peu d’altitude,
me moquer de mes travers, mes infortunes,
quand je ne manque pas d’air malgré mes lacunes,
je peux dire que j’ai souffert d’inquiétudes…
Abandonner cette gravitude,
ce mot inventé sur des certitudes…
J’aimerai que sèche l’encre de mes habitudes,
fermer la demeure jusqu’à la déchirure,
faire feu de tout cœur et crier à l’imposture,
la lame libre de briller sous la lune…
Abandonner cette gravitude,
ce mot inventé sur des certitudes…
J’aimerai savoir calculer la latitude,
ne plus me perdre parmi l’ordure,
les mers d’eau douce, mes usures,
les mensonges qui promettent le sud…
Abandonner cette gravitude,
Ce mot inventé sur des certitudes…
J’aimerai me faire une autre idée de la solitude,
sauver ce qu’il reste de la bête à brume,
lui souffler tous ces rêves brisants d’amertume,
prendre juste le nécessaire et aimer à la rude…

Crédits photos et texte : Modimo
23 janvier 2008
A tes amours...

Je lève mon verre,
je ne sais plus combien j’ai de doigts,
par quel divin mystère,
ma belle, j’en suis arrivé là…
A tes amours…
Nous sommes tous un peu frères,
enfin c’est ce que je crois,
de toutes les manières
morts dans ce combat…
A tes amours…
Je touche l’imaginaire
du bout de mes yeux sans éclats,
sous mes airs de faussaire,
je glisse ma peine sous les gravats…
A tes amours…
Ce soir, je me livre à l’amer,
j’abandonne mon corps déjà froid,
il n’y a plus rien à faire,
plus rien ne me touche ici bas..
A tes amours…
Je lève mon verre,
la saison n’est plus au lilas
mes mots n’ont pas passé l’hiver,
je ne me reconnais même pas…

Crédits photos et Texte : Modimo
15 janvier 2008
Notre infinitif du présent...

A bout d’arguments, tu me dis que tu me kiffes,
j’aimerai tant te croire,
et me trouver si beau dans ton miroir,
mon reflet me laisse souvent sans adjectif…
Notre infinitif du présent…Donner…
La belle histoire où je me trouve plus mort que vif,
tu me laisses si bien
entrevoir
ton penchant pour mon être sans avoir,
que je me prends à tes gestes, en captif…
Notre infinitif du présent … Lover…
Le premier des deux qui sera le moins inoffensif
voudra la peau de l’autre et savoir
qui sera le plus rapide à s’émouvoir,
si le jeu en vaudra cette chandelle et les griffes…
Notre infinitif du présent …Toucher…
Au coin de nos lèvres trainent quelques mots subversifs,
des cris à naitre sortis de nos écarts
les corps racontent si bien les égards,
j’en tremble de les voir si persuasifs…
Notre infinitif du présent… Aimer…

Crédits photos : Sooyeol / Markus
Texte : Modimo
10 janvier 2008
Juste ciel...

Juste ciel, tirons un trait sur l'essentiel,
des livres, une image de toi, naufragée volontaire,
je fais des signes sur ce toit, ce belvédère,
l'empreinte de ce jour semble éternelle...
Ecoute ce vent comme un appel,
ton oeil, ma lune aux mystères
se tient à portée de notre amour accidentel,
nos corps se livrent aux incendiaires...
Le jour se montre parfois si cruel,
le temps file comme un gangster,
il emmène avec lui nos découverts,
les nuages sont si gris mais c'est le rituel...
Passe encore au dessus, donne moi des nouvelles,
des arbres en haut comme sur la terre,
ces branchus qui ne rêvent que faire de l'ombre pour elle,
en toutes saisons, ils y penchent, même en hiver...
Juste ciel, couvre moi de baisers, de séquelles,
petit peuple des hauteurs chevauchant mes prières
souffle moi quelques mots volés à ma chère,
que je lui murmure dans mes nuits sans ailes...

Crédits photos et Texte : Modimo
Brushes : Anna L.
05 janvier 2008
Dangereux...

Dangereux, s’il n’y avait pas de fumée sans feu,
souffle un peu sur ces braises,
pour voir si la belle hypothèse
prend flamme devant des mots fiévreux…
Dangereux, si la mort ne me prenait pas au sérieux,
pas assez de doigts pour compter jusqu’à treize,
une douleur tout au plus, pas de malaise,
si ce serpent n’était pas venimeux…
Dangereux, sous cet arbre devenu creux,
l’orage venu après la fournaise
cueille les imprudents et s’apaise,
de quelques âmes et leurs aveux…
Dangereux, même le vertige ne va plus au bord des tes yeux,
il préfère les ballades sur les falaises,
les pieds enfoncés dans la glaise,
immobile et dépassé par cet étrange jeu…
Dangereux, quand la
vie devient un sujet épineux,
qu’on préfère filer à l’anglaise,
cette main que je mord et celle qui me baise,
l’avenir reste un port pour les adieux…

Crédits photos et Texte : Modimo
02 janvier 2008
Notre amour...

Notre amour à la découpe, se lit à travers nos ébats,
drôles de zèbres, nous jouons entre blanc et noir,
le coeur à l'horizon se couche sur nos draps,
nos nuits sont africaines et le sommeil est rare.
Notre amour à la petite semaine, à bout de bras,
comme des arbres qui tentent un départ,
le coeur un peu rayé qui revient sur ses pas,
nos yeux sont magiciens et s'inventent des histoires.
Notre amour en sursis qui échappe à tous les droits,
nos travers, jolis crimes, pour nous les anciens bagnards,
à claire-voie, nous nous retrouvons et faisons la loi,
dehors il nous reste bien plus que l'espoir.
Notre amour en détail donne souvent de la voix,
entre deux, nous repassons nos oublis au hachoir,
au fil de nous, nous nous voyons dans tous les états,
jamais indemnes mais c'est l'enfance de l'art...
Crédits photos : René Laure / Elias
Texte : Modimo




