...

Est-ce ainsi que les Hommes vivent ?

délires, digressions, sensations, à la recherche d'une existence , animal à sociabilité réduite.

06 décembre 2007

Souviens-toi...

 

Piotrek_9







Souviens-toi,
nous mettions nos vies dans le décor,
nous nous frottions sur des murmures,
nous nous accordions sur la couleur des armures,
nous voulions de tout l'envers et puis l'or,
souviens-toi...

 

 

 

Souviens-toi,
nous savions nous retrouver au port,
nous nous passions de boussole et de mesure,
nous nous gardions de nos blessures,
nous volions de nos ailes, jolis transports,
souviens-toi…

 

 

 

Souviens-toi,
nous parlions de mots perdus, d’anciens trésors,
nous nous voyons comme des chercheurs d’obscur,
nous nous lovions dans des lits jusqu’à l’imposture,
nous tentions de renommer sans cesse l’Amor,
souviens-toi…

 

 

 

Souviens-toi,
nous ouvrions nos portes à tout ce qui dévore,
nous nous tenions debout couverts de peinture,
nous nous voulions indiens jusque dans la capture,
nous serrions nos mains tellement fort.
souviens-toi…

 

 

 

Souviens-toi,
nous prenions le temps d’éviter les remords,
nous nous sauvions bien avant la censure,
nous nous moquions de tout ce qui dure,
nous partions sans attendre le confort,
souviens-toi…

 

 

 

Souviens-toi,

 

nous chantions pour avoir moins peur de la mort,
nous nous aimions pour le goût des griffures,
nous nous touchions jusqu’à la luxure,
nous dansions sous la lune jusqu’à l’aurore,
Souviens-toi…


automne_3_098

Crédits photos : Piotrek / Modimo
Texte : Modimo

Posté par modimo à 22:17 - C'était un temps déraisonnable - Commentaires [15] - Permalien [#]

Commentaires

    Dentelle de feuilles, comme une ponctuation nostalgique sur les souvenirs des jeux d'enfants, des jeux de grands aussi...
    Merci à toi pour ces mots:
    "Nous nous moquions de tout ce qui dure"...

    Posté par Belle, 06 décembre 2007 à 23:52
  • .. souvenir à la peau si fine ...

    Dans le silence d’une nuit sans trêve...
    entre deux aubes suspendus...
    ton cri vogue à sa rencontre...
    il t’a soulevé de sa grande main douce...
    comme on soulève un rocher pour le faire voler...
    avant que tu ne retombes...
    sur la vitre du ciel, et te fêles...
    tu auras volé, auras-tu?...
    dans le silence de la nuit sans trêve...
    entre deux rivages de sang cru...
    l’écho t’est revenu, a percé ton flanc...
    il t’a soulevé de sa vague émouvante...
    comme la joie soulève l’amer, pour inonder...
    dans le silence de la nuit sans trêve...
    entre deux lèvres, nos mots sont nus...
    les âmes dansent sur la corde de vie...
    se tendent sur un arc en chair...
    vibrer au plus profond de soi...
    le souvenir nous soulève, il goûte vrai...
    comme l’amour soulève la terre, pour tournoyer...
    avant que l’on ne s’éveille, les yeux noyés...
    dans le silence de la nuit sans trêve...
    entre deux visages, larmes bues...
    ...

    Posté par ... * * ..., 07 décembre 2007 à 00:19
  • Echo contre la nostalgie

    Se souvenir
    comme un appel à se redire
    comme si les maux ne pouvaient suffirent
    comme pour encore nous retenir
    cela nous aurions pu l'écrire
    Ce souvenir

    Se souvenir
    de tous les pas que tu n'as pu franchir
    de ces ébats nous savions entretenir
    de ces silences pour ne pas se meurtrir
    tout cela et même le pire
    Ce souvenir

    Se souvenir
    comme les paroles jeter aux désirs
    comme chercher le dernier soupir
    comme s'aimer à se bâtir
    cela que nous n'avons su nous offrir
    Ce souvenir

    Se souvenir
    de chaque cris à se chérir
    de chaque mais à se souffrir
    de chaque esquive à se périr
    de tout ce que nous devions devenir
    Ce souvenir

    Se souvenir
    comme on cherche une raison de fuir
    comme on sait la folie de nos délires
    comme on veut se défier de jouir
    cela on aurait dû le sentir
    Ce souvenir

    Se souvenir
    de cette faim qui nous faisait tant rire
    de cette fin qui nous a fait pâlir
    de cet enfin qui nous à fait partir
    que tout cela nous pouvions le prédire
    Ce souvenir

    Posté par luciole, 07 décembre 2007 à 11:17
  • ...
    nostalgie !

    Posté par 'puce, 07 décembre 2007 à 13:44
  • Des souvenirs sans voile...mélancolie du passé...intacts car puissants...
    Je me retrouve dans certains passages...
    Tes formules magiques ensorcellent...comme à tes habitudes....ta plume se souvient, ta main la guide....
    Je t'embrasse.

    Posté par Cor@, 07 décembre 2007 à 20:16
  • j'aimerais bien m'en souvenir

    Posté par Marie, 08 décembre 2007 à 02:08
  • te lire a fait naitre de belles images
    elles sont dans mon souvenir

    Posté par Marie, 08 décembre 2007 à 02:10
  • Jolis mots échangés… Murmurés dans le silence d'un écran pixelisé…

    Un silence rond comme des phrases.

    Posté par obni, 08 décembre 2007 à 09:58
  • Anonyme

    Merci aussi à ...* *... pour ces mots juste au dessus, "dans le silence d'une nuit sans trêve..." on aimerait en lire encore, mais... anonyme... dommage !

    Posté par Belle, 08 décembre 2007 à 10:00
  • ..........★

    je me souviens chaque jour de cette chasse éternelle, de ce voyage sans fin qui me fait et me défait...
    tendrement;

    Posté par juju.k, 08 décembre 2007 à 10:20
  • Bonjour

    Oui !
    Comme il est bon parfois de se ressourcer dans ses souvenirs...se rappeler d'avoir vécu de tels moments...entretenir l'histoire pour le bien que cela procure...et continuer d'aimer "l'autre" en acceptant l'idée qu'il ou elle soit heureux(se) sans vous...l'essentiel est là...

    Bisous

    Posté par Nathalie, 08 décembre 2007 à 13:10
  • Je suis trop gourmande ! je viens sans arrêt voir ici s'il y a de nouveaux mots écrits...
    Je suis plus rapide que toi
    encore encore !
    dévorer les mots, des yeux

    Posté par Marie, 09 décembre 2007 à 17:18
  • Belle : oui, de tout cela, parfois un peu plus que le souvenir...merci.

    * * : Tout boire jusqu'à la lie parfois...

    Luciole : tu sais si bien le dire, cette affaire de meilleur et du pire... bises...

    puce : oui, ces fameux piqures de rappel...


    Cor@: on se trouve, retrouve dans nos humanités perdues, trouvées... bises...

    Marie : ferme les yeux et tu verras certains jours plus clairs que d'autres...

    Obni : ma grande fierté vient plus de mes visiteurs que de mes écrits, merci d'être passé par ici, toi le connaisseur des mots...


    jujuk : comme nos lits, délits de nous, jusqu'au bout...

    Nathalie : oui, pas d'amer, juste le précieux vécu et celui à vivre encore...


    Marie : oui, il est loin le temps du post quotidien, je n'ai plus le rythme... je vieillis sans doute mdrrr.. merci de tes passages, ils donnent vie à cet endroit..

    Posté par modimo, 09 décembre 2007 à 19:16
  • Soledad...

    Ce poème a la musique soledad...
    J'entends ce rythme inné de la nostalgie...
    Cette immensité de souvenirs que l'on chante dans l'ombre de sa mémoire...
    Pour que ce qui reste soit illuminé de beau soledad...

    Touchée... mon coeur a coulé !

    Bises
    Jez

    Posté par Jezaria, 13 décembre 2007 à 23:08
  • je découvre

    Oui, je découvre cet endroit, et déjà je m'y sens bien.
    J'aime beaucoup votre plume, et ces simples mots, "souviens-toi", me donnent à chaque fois comme un coup au coeur. Une vague de nostalgie, une marée de mélancolie...avant que la tristesse m'étreigne, j'essaie de me souvenir...que le meilleur est sûrement pour demain.

    Posté par Chimeres, 04 mars 2008 à 08:15

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