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Est-ce ainsi que les Hommes vivent ?

délires, digressions, sensations, à la recherche d'une existence , animal à sociabilité réduite.

15 janvier 2005

Voilà, je me lance, premier message, premier Blog, alors de l'indulgence, voir des conseils , merci...

 
 

 

L'affiche, c'est juste pour ceux qui auraient perdu la mémoire, je ne nommerai personne (cela salirai ma premiere page). Alzheimer sans doute, on peut au moins l'esperer.


 

L'argent fait office de conscience, cela m'éffraie.L'avenir appartient , j'y crois aux alter-blogueurs, insoumis , rebelles et poêtes.

Place au poête :

      

Est-ce ainsi que les hommes  vivent

  Aragon

 

 
  Tout est affaire de décor
  Changer de lit changer de corps
  À quoi bon puisque c'est encore
  Moi qui moi-même me trahis
  Moi qui me traîne et m'éparpille
  Et mon ombre se déshabille
  Dans les bras semblables des filles
  Où j'ai cru trouver un pays.
  Cœur léger cœur changeant cœur lourd
  Le temps de rêver est bien court
  Que faut-il faire de mes nuits
  Que faut-il faire de mes jours
  Je n'avais amour ni demeure
  Nulle part où je vive ou meure
  Je passais comme la rumeur
  Je m'endormais comme le bruit.
  C'était un temps déraisonnable
  On avait mis les morts à table
  On faisait des châteaux de sable
  On prenait les loups pour des chiens
  Tout changeait de pôle et d'épaule
  La pièce était-elle ou non drôle
  Moi si j'y tenais mal mon rôle
  C'était de n'y comprendre rien
  Est-ce ainsi que les hommes vivent
  Et leurs baisers au loin les suivent
  Dans le quartier Hohenzollern
  Entre La Sarre et les casernes
  Comme les fleurs de la luzerne
  Fleurissaient les seins de Lola
  Elle avait un cœur d'hirondelle
  Sur le canapé du bordel
  Je venais m'allonger près d'elle
  Dans les hoquets du pianola.
  Le ciel était gris de nuages
  Il y volait des oies sauvages
  Qui criaient la mort au passage
  Au-dessus des maisons des quais
  Je les voyais par la fenêtre
  Leur chant triste entrait dans mon être
  Et je croyais y reconnaître
  Du Rainer Maria Rilke.
  Est-ce ainsi que les hommes vivent
  Et leurs baisers au loin les suivent.
  Elle était brune elle était blanche
  Ses cheveux tombaient sur ses hanches
  Et la semaine et le dimanche
  Elle ouvrait à tous ses bras nus
  Elle avait des yeux de faÏence
  Elle travaillait avec vaillance
  Pour un artilleur de Mayence
  Qui n'en est jamais revenu.
  Il est d'autres soldats en ville
  Et la nuit montent les civils
  Remets du rimmel à tes cils
  Lola qui t'en iras bientôt
  Encore un verre de liqueur
  Ce fut en avril à cinq heures
  Au petit jour que dans ton cœur
  Un dragon plongea son couteau
  Est-ce ainsi que les hommes vivent
  Et leurs baisers au loin les suivent
 

 

Merci encore Aragon, lecteurs, blogueurs, merci et à bientôt.
 

   

Posté par modimo à 15:46 - Tout est affaire de décor - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    Bravo pour votre blog.
    Des poèmes touchants et sublimes, votre plume est incroyablement belle.

    A bientôt.

    Posté par Mercurea, 22 juin 2006 à 16:39
  • juste quelques mots

    Bravo pour votre blog, sublime je dirais et merci

    de nous faire revivre ce poete, je découvre ici

    de subimes photos et textes...merci Modimo

    Posté par fleur, 21 octobre 2006 à 00:53
  • Mercurea : merci, je découvre tardivement votre commentaire...à bientôt...

    Fleur : un poete, un vrai, merci d'aimer cet endroit, j'y mets tout ce qui me traverse...

    Posté par modimo, 21 octobre 2006 à 20:10
  • Prenons les chemins de traverse, alors... sinueux, sans angle droit... Faisons du chemin la traverse, délictueux, en quelques endroits... qui ondoient sur le fil de l´herbe, sur le grain du sable, sur l´écume des nuits... je te suis...

    Posté par Do, 27 juin 2007 à 12:52
  • Do : faisons de nos mots, des délits d'initiés...je te précede...

    Posté par modimo, 27 juin 2007 à 22:58

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