08 mai 2008
A cru...

A cru mon amante a gémi,
nous faisions l’amour à la croque au sel,
je n’y tenais plus, au bord de l’étincelle,
nos corps qui déraillaient dans la nuit…
A cru la cavale était bien belle
le souffle court et la rosée aux flancs,
dans cette course au plus offrant,
nous jouions aux chevaux infidèles…
A cru, rivière sauvage et cheveux emmêlés,
eau de feu et corps à la dérive,
emmenés par nos approches furtives,
nous glissions dans ce lit sans après…
A cru mon ingénieuse s’ingénie,
les lèvres rougies par le mouvement,
elle perpétue la courbe de nos errements
et la somme de nos adresses en un pli…
A cru, elle a gravi
la montagne aux ombelles
celle où je gis comme un soldat mort,
tant de batailles où je n’étais pas le plus fort,
sous ses draps qui me faisaient comme un ciel…
A cru mon échappée qui s’accroche,
de ses mains à mon ombre qui vacille,
je trône entre ses doigts, roi de pacotille,
dans mon sommeil, elle revient me faire les poches…

Crédits photos : Rubaek Palle / Abhijiit
Texte : Modimo
01 mai 2008
Rouler des mécaniques...

Rouler des mécaniques…
Faire son barda, mettre les bouts,
fuir toutes ces machines à fric,
aller de l’autre coté de l’Amérique,
pour une fois, se tenir debout…
Fuir les écarts de conduite et la boue,
fondre ses mots dans de la brique,
foutre le feu et guetter la panique,
si le ciel se comporte parfois en voyou…
Feindre d’être un prince andalou,
faire la pluie et remplir des barriques,
insister pour ne pas oublier l’Afrique,
si le sort peut se noyer dans les remous…
Filer à l’Anglaise mais sans bijoux,
forcer quelques coffres en loustic,
fabriquer des rêves sans lexique
pour une heure déserrer les écrous…
Fausser compagnie au moindre des tabous,
flotter entre deux eaux sans logique,
prendre ces transports impudiques,
le souffle coupé de faire la roue…
Rouler des mécaniques…

Crédits photos : Bakaro / Modimo
Texte : Modimo
28 avril 2008
Pas grand chose à dire...

Pas grand chose à dire,
ce soir je remballe les instruments
de peur de faire une fausse note,
le silence me semble si important,
le temps de refermer ma porte,
je n’ai jamais su mentir…
Pas grand chose à dire,
pourtant je déborde de sentiments,
de la haine à la peur tout me revient,
c’est un peu la honte devant les gens ,
et si c’était juste le début de la fin,
tirer sur cette corde pour en finir…
Pas grand chose à dire,
je rappelle à tous les souvenirs qu’ils ne sont plus des
enfants,
qu’ils pointent aussi à l’usine,
qu’ici , nous ne jouons plus vraiment,
les rêves n’existent qu’en vitrine,
il ne sert plus à rien de courir…
Pas grand chose à dire,
les mots manquent à l’appel du rassemblement,
toute une armée d’absents presque fantômes,
la nuit décime un à un ce foutu régiment,
les livres ne l’ouvrent plus, pas de troisième tome,
je n’ai plus de voix pour l’écrire…
Pas grand chose à dire,
les minutes se tirent mais à blancs,
comme un froissement de vieux papiers,
ta parole est couverte par le bruit du vent,
la mort ne reste jamais les bras croisés,
j’essaierai bien de lui mentir…

Crédits photos : Leanne / Modimo
Texte : Modimo
25 avril 2008
Nos futurs...

Mon amour, tu te mettras en avant,
nous échangerons nos places,
si je manque à toutes tes audaces,
tu corrigeras le sens de mes accents…
Mon amour, tu me tiendras à bout portant,
nous effacerons les traces,
si je ne te fais plus face,
tu sauras m’amener sur un terrain glissant…
Mon amour, tu prendras le sens du vent,
nous partirons à la chasse,
si je ne tiens plus en place,
tu me rappelleras le goût du sang…
Le temps de rien, nos futurs,
j’ai juste un peu peur de leurs morsures…
Mon amour, tu m’aimeras en passant,
nous limiterons la casse,
si je trouve la vie dégueulasse,
tu me diras comme je peux être blessant…
Mon amour, tu me trouveras indécent,
nous enlèverons nos cuirasses,
si je ne rends pas grâce
tu trouveras comment me mettre à cran…
Mon amour, tu passeras devant,
nous oublierons la couleur de nos angoisses,
si je me fais moins vorace,
tu viendras me parler du présent…

Crédits photos : Matija Mprajo / Modimo
Texte : Modimo
19 avril 2008
L'étroit nous va si bien...

L’étroit nous va si bien,
si proches à se toucher,
nous nous laissons cerner,
le désir à portée de main…
J’essaie de rester concentré,
de ne pas lâcher ma faim,
de resserrer encore les liens,
je crois que tu m’as repéré…
J’abandonne l’idée de liberté,
dans ce rêve du commun,
bord à bord, je te rejoins,
je trouve juste la place de me frayer…
Je trouve si bien de s’y frotter,
en éprouvant nos besoins,
ensemble dans cet écrin,
je ne trouve rien de déplacé…
Je pense que je suis fou à lier,
trempés dans le même bain,
mêlant nos encres au matin,
je n’en finis pas de t’approcher…
L’envie de me mettre au parfum,
d’être dans ce cercle d’initié,
s’en tenir au plus prés,
l’étroit nous va si bien…

Crédits photos : Duki Zdenek / Modimo
Texte : Modimo
17 avril 2008
PLAGIAT ...
PLAGIAT ...
http://www.orangeblog.fr/web/jsp/blog.jsp?blogID=60862&dayFilter=2008-04-17
Photos, textes et même commentaires, tout est volé sans vergogne...
Photo : Modimo
12 avril 2008
Du bout des lèvres...

Du bout des lèvres s’égarer en chemin,
effleurer les limites, s’y glisser,
un moment de plus sans se presser,
se laisser distraire pour ton bien…
Du bout des lèvres tenter une autre approche
quand tu ne veux plus entendre parler de moi,
vagabonder tout prés de chez toi,
sous ta fenêtre, avec des mots plein les poches…
Du bout de lèvres suivre son instinct,
se trouver dans cet instant comme un animal,
l’eau à la bouche emporté par son élan,
aller jusqu’au bout de sa faim…
Du bout des lèvres gravir l’échelle des cris,
partir d’un souffle qui vient à point nommé,
quitte à s’évanouir si tu viens à jouer,
le désir nous laissera tous éblouis…
Du bout des lèvres murmurer des serments,
les voyages nous ramènent toujours au lit,
le cœur battant sans attendre la nuit,
l’impatience déshabille les amants…
Du bout des lèvres brûler d’envie,
ramener à la lumière tous les délices,
oublier ma peur et passer à la malice
quand soudain ma langue s’enhardit…

Crédits photos : Simon Simmer / Modimo
Texte : Modimo
06 avril 2008
Tu es nue et je suis habillé...

Tu es nue et je suis habillé,
tu vois bien plus loin que moi,
ce n’est pas si compliqué que ça,
si tu penches, je tombe et après…
Tu es nue et je suis habillé,
tu ne manques pas d’air et j’étouffe,
ce n’est pas le tout de jouer à l’esbroufe,
approche que je te dise un secret.
Tu es nue et je suis habillé
tu as le dessus et moi, je laisse faire,
ce n’est pourtant plus l’hiver,
dis-moi, comment sera cet été ?
Tu es nue et je suis habillé,
tu ne portes plus rien, je regarde,
ce n’est pas utile d’ y prendre garde,
mais je crois que je suis fou à lier…
Tu es nue et je suis habillé,
tu me prends pour l’instant,
ce n’est pas le plus important,
tant que tu m’as trouvé…
Tu es nue et je suis habillé,
tu as la fortune des innocentes
ce n’est pas rien, tu me hantes,
j’ai même gardé ton dernier baiser….

Crédits photos : Brian / Modimo
Texte : Modimo
02 avril 2008
Déteste-moi...

Déteste moi, déteste moi…
Jette moi de l’intérieur,
ma fenêtre est ouverte,
passe tout en profit et perte,
tu me connais par cœur…
Déteste moi, déteste moi…
L’amour c’est la plaie,
je me passerai des onguents,
j’en suis sur à cent pour cent,
j’ai du sang de navet…
Déteste moi, déteste moi…
Ma bouche ne garde pas les secrets,
peu m’importe que je me sabote,
la barque était pleine, je n’avais pas de bottes,
c’est donc à ma langue que t’en voulais…
Déteste moi, déteste moi…
L’amour me met mal à l’aise,
la rivière a quitté son lit,
nous manquons à nos intempéries,
je me rhabille pendant que tu me baises…
Déteste moi, déteste moi…
L’acier fait toujours la loi,
j’ai l’âme en plastique,
ce toc t’attriste, c’est pourtant si pratique,
je peux comprendre ça…
Déteste moi, déteste moi…
De l’étage où tu me tiens,
ce putain de vertige me tuera,
c’est comment la vie d’en bas,
jusqu’ici tout va bien, tout va bien…

Crédits photos et Texte : Modimo
29 mars 2008
Ma manquante ...

Ma manquante, celle qui fait que je me dénombre,
la roulette qui tourne sans fin a un accent russe,
comme si notre histoire n’était déjà plus qu’un lapsus,
de case en case, je
tourne dans ce manège sombre..
Ma manquante, mon imper et mes passes au jardin,
le printemps s’annonce un peu plus chaque jour,
je n’ai rien oublié, ni ce parfum d’amour,
les fleurs du
désespoir poussent aussi sur le chagrin…
Ma manquante, cet
arbre à came qui joue l’illusoire,
de branche en branche j’apprivoise ma solitude,
je me suspends et abandonne mes dernières certitudes,
comme si l’heure était venue pour le grand écart…
Ma manquante, ma moitié disparue dans le miroir,
je n’ai rien perdu pour autant c’est étrange,
pas un de mes dix doigts, pas une phalange,
mais je n’écris plus tellement le soir…
Ma manquante, la vie s’absente au parloir,
je reviens à la grille des lettres à la main,
je sais qu’elle viendra sans doute demain,
le temps joue une étrange mélodie dans le noir…
Ma manquante, mon cœur, ma vie en rouge et noir,
comme une chanson de plus donnée à l’absente,
quelques notes jouées sur le dos de l’innocente,
nos noces funèbres pour amants en retard….

Crédits photos : André / Modimo
Texte : Modimo




